Val – 1er Avril 2015

 

Aujourd’hui est une grande journée. Après un atelier de 8h avec la Harpie pour lequel je n’ai pas hésité à doubler ma dose de morphine ce matin  à emporter un peu de Xanax au cas où, j’ai un entretien via nouvelle technologie en fin d’après-midi pour le poste de mes rêves. 

L’atelier, je ne peux pas le cacher, ca va être dur. J’ai tout emmené : café, coca, jus de fruits, iPhone, cahier d’objectifs, Dilbert et le bilan annuel de la boite du poste de mes rêves pour essayer de tenir. Le jus de fruits ca va être mon déjeuner car, comme je la connais, la harpie proposera à tout le monde d’aller déjeuner à la caféteria, et comme il est impossible d’y accéder en fauteuil roulant, je vais avoir droit à un « ah, oui, c’est dommage pour toi  Valérie, mais enfin si tu pouvais marcher comme tout le monde ce serait quand même plus simple » pour faire en sorte de non seulement être humiliante mais en plus, parce que ce serait dommage ne pas aller jusqu’au bout, essayer de me faire culpabiliser. Parce que c’est vrai, ces gens en roulette, ca gêne et ca prend toutes les bonnes places de parking. Mais je tiendrai bon, je déjeunerai dans la salle du séminaire avec mon jus de pomme en écoutant Hotel California et en préparant mon entretien de ce soir.

L’entretien de ce soir est totalement novateur pour moi, c’est un entretien d’1h avec l’associé d’une boite de chasseurs de têtes  aux US via Skype. C’est juste pour le poste de mes rêves sur un sujet qui me passionne depuis des années et pour lequel, en plus, je pense être qualifiée. Je n’ai pas encore passé la barrière recruteur mais je pense que celui-ci sera le dernier et qu’ensuite ce sera mon futur employeur en direct. Mais via Skype c’est dur dur…  

Déjà tout le monde est moche sur Skype, je suis sûre que même Laetitia Casta ressemblerait à Angela Merkel et en plus, c’est bien connu, la télé ca ajoute 20 kgs. Inutile de vous dire que je n’avais pas vraiment besoin de ca.

Donc, depuis 5h ce matin je travaille sur la bonne distance par rapport à l’écran pour être moins visible mais quand même encore visible (là je suis sur du 5 mètres de l’écran, heureusement que j’ai du recul dans le salon). Ca devrait gérer les 20 premiers kgset, quand au fait qu’ils ne verront que mon nez, et encore, flou, je blâmerai la caméra (« vous comprenez en France nous ne maîtrisons pas encore la technologie de l’image »).

Pour les 20 autres kgs j’y travaille d’arrache pieds : 

         tenue entièrement noire, 

         maquillage « contouring » pour redessiner la forme du visage (si, si, ca marche, c’est ce qu’on me fait à chaque allocution dans les conventions SG, et j’ai l’air d’un raton laveur dépressif),

         bouclage des cheveux (parce que plus il y a de volume dans les cheveux plus, en contraste, le visage à l’air mince – je vais donc me coiffer à la Tina Turner circa 1980)

         et, juste avant l’entretien, je croque dans un citron pour que l’acidité me tende les joues.

 

Si avec tout ca je ne passe pas la barrière chasseur cette fois, c’est sûr, je vais devoir me remettre au régime…

 

Val – 31 mars 2015

 

Le deuxième thème c’était « je roule ».  Bon alors ca c’est plutôt rigolo. Je vous fais une petite mise en contexte avant de rentrer dans le vif du sujet. La raison pour laquelle je vous ai lâchement abandonnés pendant un mois c’est que mon dos m’a lâchement abandonnée aussi et que, comme de bien entendu, cela a généré un effet domino. Après 4 semaines de médecins, d’IRMs, de scanners, d’osteod’une telle quantité de médicaments que je me fais livrer directement par camion tous les samedis avec mes courses Auchande « Madame nous devons vous opérer d’urgence », « Madame, vous opérer serait prendre un risque démesuré» etc… Madame a craqué, a traité tous les médecins, chirurgiens, neurochirurgiens, neurologues, orthopédistes et j’en passe de vétérinaires mal dégrossis et a choisi de gérer le problème toute seule en s’installant dans un fauteuil roulant. 

Assez cool le fauteuil ! Noir, léger, pliable (il rentre même dans ma Smart), plutôt chic, un rayon de braquage inégalé, démontable et supportant un poids qui dépasse largement les spécifications constructeur. Cela a donné lieu à quelques craquements et grincements les premiers jours mais maintenant la mamamobile se comporte avec dignité et courage devant cette adversité.

Bon, néanmoins, ce n’est pas le fauteuil roulant de Johnny English qui me fait rêver depuis que j’ai vu le film. Déjà ilmanque tout bêtement des poches pour mettre des objetsindispensables comme mes clés, mon badge, mes pièces pour la machine à caféla bombe lacrymogène anti boiteux, mon poudrier, mes médicaments, les trucs de base quoi. Mais, plus encore, j’apprécierai beaucoup un petit moteur pour les montées (et les moments d’extrême lassitude), un espace réfrigéré pour le Champagne, des hauts parleurs et un écranpour pouvoir regarder un bon film pendant les trajets, une sirène qui se déclenche automatiquement à l’approche du boiteux ou de son aréopage, un système élévateur parce que j’en ai marre de parler au nombril de mes interlocuteurs (déjà je me trouvais petite mais là  c’est juste ridicule), et un bouton ZZZZZ qui met la chaise en mode lit avec coussin et couette. Des petits chaussons et une liseuse seraient aussi les bienvenusLe tout pliable, pesant moins de 15kgs, et coutant moins de 500€.  

J’ai découvert plusieurs choses dans cette nouvelle vie à roulettes. La première c’est que de pousser une chaise roulante c’est CREVANT. J’ai fait plus de gym en une semaine que dans les 10 dernières années cumuléesMais je ne développe ni mes abdos (dont je soupçonne qu’ils ont disparu depuis longtemps en laissant une annonce pour louer le site sur « seloger.fr »), ni mes cuisses, non, je développe mes biceps…  J’ai 50 ans, je suis quelque peu enrobée et dans un fauteuilroulant, je pense qu’augmenter visiblement ma testostérone avec des bras de camionneurs suant sang et eau à chaque fois que je dois gravir une rampe devrait largement contribuer à l’augmentation de mon sex appeal

La deuxième c’est que quand on est dans un fauteil roulant tout le monde est sympa. Ils n’osent pas demander pourquoi on y est ce qui est dommage parce que j’ai une liste de réponses adaptées : saut en parachute, parapente, formule 1, cours de ski avec Grospiron, femme canon… Non, ils compatissent. Et, franchement, la compassion, c’est très sous estimé. Ca fait vraiment du bien quand tous les gens qu’on croise baissent la tête (forcément puisque je rase la moquette), prennent un air affligé et disent, avec toute l’empathie dont ils sont capables : « et toi, ca va, tu tiens le coup » ? Ben mine de rien, ca me fait du bien. D’autant qu’il y en a qui m’aident en poussant la mamamobile. D’ailleurs, honnêtement, j’en abuse. Dès qu’on arrive près d’une rampe à monter, je prends mon look 36bis qui est un croisé entre Droopy et un Calimero dépressif qui ferait fondre Angela Merkel et presque à tous les coups (sauf si je suis entourée de traders mais là c’est sans espoir), il y a quelqu’un pour me proposer de me pousser en haut de la rampe. C’est d’autant mieux que comme mes freins ne marchent que d’un coté, quand mes bras lâchent en milieu de montée, ce qui arrive assez souvent, la redescente en marche arrière tournante se termine en collector sur YouTube

Le troisième, c’est que les parkings et les immeubles qui se disent compatibles « PMR » (personnes à mobilité réduite) sont des menteurs invétérés. Mon chemin du matin pour aller du parking à mon bureau : porte de parking qui s’ouvreuniquement à coups de pieds (quoiqu’un de ces jours je vais arriver avec une torche pour résoudre définitivement le problème, comme disait la grande Jacqueline Maillan « quand on est énervé ca soulage »), entrée de l’immeuble en tourniquet (il faut donc appeler la sécurité pour passer par l’issue de secours), SAS où il faut tenir les deux portes ouvertes en meme temps pour passer (allo, je ne m’appelle passhiva), l’ascenseur handicapé ouvert entre 9h et 16h (c’est quand même un concept intéressant de savoir que dans un immeuble qui se gargarise de sa PMR comptabilité, si on est handicapé on ne peut travailler que dans une plage horaire limitée) et enfin bureaux moquetés parce que c’est vrai, un sol carrelé légèrement glisssant ca ne serait pas suffisamment challengeant

Le quatrième c’est que dans certaines circonstances il est difficile de conserver sa dignité. Et la circonstance à laquelle je fais référence en particulier c’est le remontage de la mamamobile en arrivant dans le parking le matin. Je suis bien sûr en robe, collants noirs, sac Vuitton et châle en cashmere, on sait vivre, même en roulettes.  Comme il est impossible de la remonter debout, je m’installe avec autant de dignité que je peux en préserver parterre entre l’huile de vidange et les traces de frein  pour remonter les roues et les repose-pieds. Les roues, après quelques coups de talons, ca passe, mais les repose-pieds je les monte systématiquement à l’envers et  comme je n’ai pas la force de les démonter et de les remonter,  j’ai pris le parti de rouler avec les jambes en X. Ca donne l’impression que j’ai un maintien très élégant

Pour finir, quelques constats. Tout d’abord, comme pour les voitures, quand on enlève le frein à mains, ca roule beaucoup mieux. Même si je n’en n’ai qu’un qui marche, quand il est bloqué, j’ai tendance à tourner en rond un bon moment avant de comprendre qu’il y a comme une erreur.    

Deuxièmement, comme l’a tristement découvert Isadora Duncan, les châles, quand il y a des roues à proximité, ce n’est pas une bonne idée. Et une fois qu’ils sont bloqués dans la roue (ou même les deux) la marche arrière façon moonwalk pour essayer de récupérer le châle en un morceau ca tient des finales intervilles.

 

Val – 30 mars 2015

J’ai honte, 4 semaines d’absence en vous laissant làhaletantsjuste au moment où j’allais entamer la dégustation de mes 24 macarons caramel beurre-salé, c’est juste inadmissible. Bon, je sais que certains d’entre vous ont réussi à surmonter leur chagrin sur les pistes entre raclette et chocolats chauds mais bon, ce n’est pas une raison, et je vous présente donc mes plus plates excuses sur cet abandon d’autant moins excusable que beaucoup de choses se sont passées depuis 4 semaines. En vrac et et surtout sans (nécessairement) de lien de causalité :

• Jean –Paul Salomé est inepte
• Je roule
• Il y a un ours polaire d’1m80 dans mon lit
• Pénélope peut arrêter de tisser
• Ma fille est trop top
• Je me suis trouvé un point commun avec le bouddha 

Bon, je vais tout vous expliquer en commençant par l’ineptie malheureuse d’un de nos plus grands réalisateursEn effet, j’ai revu hier le film Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé de 2004. Croyez-moi, ce n’était pas exprès parce que, déjà, la première fois que je l’ai vu, au cinéma, en avant première, il avait fallu tout l’énergie de mes amis pour me maintenir sur mon siège et m’empêcher de quitter la salle en criant au scandale. Donc lorsque je l’ai revu hier c’était vraiment en raison d’une conjonction de facteurs invraisemblables ou l’humour de la providence à dû jouer une large part. Il faut d’abord que je vous avoue quelque chose d’essentiel : je suis une fanatique d’Arsène Lupin. Et quand je dis fanatique je ne parle du « mais oui, j’en ai lu un il y a 25 ans, il n’y avait pas une histoire d’aiguille ? » ou « ah oui, la chanson de Dutronc, sympa, même si honnêtement j’ai préféré celle sur les hôtessesde l’air ». Non, ca c’est l’illettré de base qui veut se la jouer. Non, moi je suis une vraie de vraie. Une fanatique je vous dis. Ce qui me rappelle la très belle phrase de Churchill : « un fanatique c’est quelqu’un qui ne change pas d’avis et qui ne veut pas changer de sujet ». Donc là, clairement, soyez prévenus, de l’Arsène vous n’avez pas fini d’en bouffer !!! 

J’ai donc lu tous les livres, et, chacun, de très nombreuses fois. Avec une préférence particulière pour les livres à nouvelles et,bien sur, la DemeurMysterieuse, l’Aiguille Creuse, le Bouchon de Cristal et la Femme aux Deux Visages. Mais tous, je les aime tous, et je connais par cœur le nom des protagonistes, y compris bien sûr ceux des nouvelles : Agence Barnett et Cie, Gentleman Cambrioleur et le magnifique Huit Coups de l’Horloge. Mais si, ca va vous revenir, les Dreux Soubise, GanimardDaubrecq, Clara la Blonde, Grognard, le Ballu, Isidore Beautrelet, Clarisse d’Etigues, Jenny Safir… ils ont bercé notre adolescence et nous ont fait rêver qu’un jour ce magnifique Robin des Bois déroberait pour nous le diamant bleu et nous emmenerait découvrir la Normandie au volant de sa Dedion Bouton décapotable.

J’ai découvert Maurice Leblanc à 10 ans, dans ma chambre de l’Alameda Jau à Sao Paolo au BrésilEt Maurice m’a vraiment aidée dans une période très difficile de solitude et de sentiment d’abandon et de perte de repères. J’étais très nostalgique de la Californie où j’avais été élevée et laissé tous mes amis, complètement décalée dans une école privée franco-brésilienne où nous devions porter un uniforme dont une jupe à volants marron (non mais vous imaginez pour une san franciscaine pur souche, l’hérésie !) et la chemisette avec un blason où m’emmenait notre chauffeur parce qu’on ne pouvait pas se promener seule dans les rues. L’après-midi nous n’avions pas cours, j’étais seule avec la bonne, Tarsina, qui me faisait des pâtisseries de son pays. Mon principal souvenir de Tarsina, en plus des rochers à la noix de coco c’est qu’elle cassait beaucoup de verres. Il faut dire qu’elle avait une technique de nettoyage peu usitée, et pour cause, elle tenait le bord du verre d’une main et le faisait tourner. Ca ne loupait jamais. Je me souviens que j’éclatais de rire à chaque gling, l’air affolé de Tarsina et le nettoyage à toute allure toutes les deux pour que personne n’y voit rien. Maman devait quand même se demander pourquoi le stock de verres disparaissait si vite et a donc  décidé d’occuper sa fille à une tâche moins bruyante, la lecture

C’est donc elle qui m’a offert un jour l’intégrale d’Arsène Lupin en omettant néanmoins les livres un peu trop sombres comme l’Ile aux Trente Cercueils (dont la série me donna des cauchemars pendant des années), le Triangle d’Or ou l’Eclat d’Obus. Quelle idée de génie ! Il faut dire qu’Arsène Lupin était mon premier rendez-vous avec ce pays de légende del’autre bout du monde qu’était la France. J’imaginais que dans ce pays merveilleux tous les hommes portaient un monocle, que les femmes étaient des comtesses aux noms légendaires vêtues de robes scintillantesportant des bijoux merveilleux que les gentlemen cambrioleurs faisaient disparaitre avec des tours de prestidigitateurs.  J’étais éblouie par la magie, l’élégance, l’humour et la finesse de ces histoires et je les ai dévorées, chaque jour, avec passion. Grâce à elles j’étais dans ce beau pays ou l’on buvait du Champagne, où les méchants étaient toujours punis et où la dignité, l’honneur, la noblesse étaient un mode de vie tellement éloignés de la violence, de la pauvreté, de la corruption et de la brutalité du Brésil

40 ans aprèsj’ai donc toujours un sentiment d’intimité très fort avec cette œuvreBon, il faut avouer qu’en 1975, en débarquant à Orly, j’ai eu un petit choc sur l’absence notable de monocles, des robes en strass et de comtesses, mais, après quelques années de thérapie, j’ai réussi à accepter qu’on n’était plus en 1920 (ceci dit, sur le fond, regrettable, j’aurais été très fun dans les années 20). Et puis il y a eu le grand Georges… Descrières.  Si l’on omet l’aspect quelque peu germanisé de certains épisodes (dûs à la co-production ORTF  Allemagne de l’Ouest), d’autant plus amusant que le brave Arsène, comme la plupart des français à l’époque, était résolument germanophobe, Georges ne s’en sortait pas si mal. Elégant, beaucoup de classe, un coté débonnaire mais tout en maintenant son air de grand prince, habileté dans tous les sports, une capacité à se grimer qui ferait pâlir d’envie Lady Gaga, et un flegme quasi britannique. 

Mais Romain Duris… allons, soyons sérieux. Le titi parisien dans toute son ampleur avec la subtilité d’un boucher charcutier, la classe d’un vendeur de poisson à la criée et l’élégance de la Cicciolina. Même François Hollande aurait été mieux adapté pour le rôlesauf que point de vue escamotage, il y a quand même un peu de boulot (non, vraiment Flamby, c’est sûr, même chez Marvel on ne devient pas invisible quand on enfile un casque)Le pire, c’est que lesproblèmes du film ne se limitent pas à ce casting désastreux(quoique qu’il faille quand même se demander ce que cette pauvre Kristen Scott Thomas est venue faire dans cette galère). Le scenario est encore pire. D’abord on mélange allégrement les livresun petit coup de Comtesse de Cagliostro, un soupçon de la Cagliostro se venge, une touche d’Aiguille Creuse et on termine avec une dose généreuse deGentleman Cambrioleur. Du coup on ne comprend rien, c’est un pot pourri de thématiques ubuesques qui auraient mérité un tantinet de mise en contexte mais non, si on veut comprendre, merci de contacter sa cartomancienne préférée. 

Je garde le meilleur pour la fin. Arsène c’est Luke Skywalker. Là, comme ça, spontanément, ca ne m’était pas venu à l’esprit.Luke est blond, habite sur la planète Tatooine, aime les droïdes (et sa sœur) et, franchement, est un peu neuneu. Mais ils partagent une chose en commun : leur pire ennemi leur annonce au moment crucial et dans un silence de mort : « tu es mon fils ». Déjà dans Star Wars ca ne le faisait pas des masses (en plus il y perd une main mais, là encore, un peu neuneu le Luke) mais là, sur la falaise d’Etretat, Darth VadorBeaumagnan, le vrai père d’Arsène, c’est juste ridicule. On imagine en off la respiration légère et discrète de James Earl Jones, les deux lunes de Dagobah, et un petit homme homme vert qui vient conclure « nul est ce film ».

Isa – Hammam et Nirvana

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A défaut de ressembler à une sirène, on peut barbotter tout à loisir dans la piscine des Cent Ciels avant d’aller se faire décrasser avec vigueur et masser avec douceur.

Clairement, ça devrait être remboursé par la Sécurité Sociale parce que comme thérapie anti-stress, il est compliqué de faire mieux… Après avoir hésité longuement, je me suis dit que je serais sans doute de bien meilleure compagnie avec moi-même comme avec les autres si j’octroyais égoïstement du temps pour cette couane qui me sers d’enveloppe charnelle. J’ai donc pris le chemin du hammam le plus sympa que je connaisse, en espérant me réconcilier avec la vie (ça tombe bien, mon chauffe-eau vient de tomber en panne et les douches à la maison sont, comment dire, vivifiantes…).

Après une heure de bain de vapeur dans un endroit féérique, tout paraît étonnemment différent, plus agréable, moins rèche et âpre, moins acide et amer. Après 30 minutes de gommage et d’onction d’huiles merveilleuses, je suis d’accord avec tout le monde et je décide qu’il y aura un endroit comme ça dans la maison de mes rêves (celle de Bretagne, d’où l’on surplombera la mer, d’où l’on verra les bateaux sortir en mer le matin et rentrer au port au soleil couchant, d’où l’on verra les vagues immenses des grandes marées d’engouffrer dans les terres, le vent rugissant dans les arbres d’un magnifique jardin…). Un hammam pour nous, les copines et les groupes de travail : un havre de paix et de relaxation pour nos coeurs, nos corps et nos esprits bien malmenés par cette vie…

Réfléchir plus longtemps et voir plus loin pour savoir où cette vie nous mène, ce n’est pas l’année de la Chèvre ça ?

Isa – L’année de la Chèvre

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Clairement, l’illustration (photo prise hier dans le 13ème) ne correspond pas au titre mais, soyons claires, les dragons sont quand même plus intéressants à regarder que des caprins au caractère retors… Comme nous venons d’entrer dans l’Année de la Chèvre, j’ai regardé ce qu’elle aurait le bon goût de me proposer, les années précédentes ayant pour le moins été désastreuses, à tout point de vue.

Extrait de Marie-Claire Astro sur les dragons en 2015: Vous constaterez que vous pouvez aussi voir grand en réfléchissant plus longtemps et en regardant plus loin. Il est bon de se recentrer de temps en temps sur sa vie et de se demander où elle nous mène.

Euh, lol, jamais réussi à faire ça moi… et côté discipline diététique, cette incapacité a clairement des impacts négatifs….

La suite est tout aussi surréaliste, en ce qui me concerne : Côté professionnel, l’année de la Chèvre s’annonce plus sereine pour le Dragon : les grandes manœuvres sont derrière vous. Vous allez prendre le temps de peaufiner vos avancées de l’an dernier, de confirmer vos compétences, de vous montrer rigoureux et perfectionniste (là où on ne connaissait que votre pouvoir d’action).

Bon, dans un monde idéal où le ciel ne me tomberait pas sur la tête au minimum une fois par trimestre, on pourrait penser que l’année de la Chèvre pourrait me mettre un peu de plomb dans la cervelle et que, mieux vaut tard que jamais, je remplacerai l’action (d’enfourner pain et chocolat dans ma bouche sans réfléchir) par la réflexion (mais au fait, ai-je vraiment faim ?).

Un an de sérénité, est-ce vraiment possible ? J’imagine que si cela arrivait, je trouverai une autre excuse pour saboter mes bonnes résolutions, mais en attendant, je reconnais que je suis une addict et, comme mes confères des Alcooliques Anonymes, je me permets cette prière :

Mon Dieu,
Donnez-moi la sérénité
D’accepter
Les choses que je ne puis changer,
Le courage
De changer les choses que je peux,
Et la sagesse
D’en connaître la différence.

Bonne Année !

Val – 180215

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Bon alors là je suis littéralement dévorée de honte. Oui, je sais que j’ai fait une grande diatribe hier en faveur de l’indulgence gastronomique mais, aujourd’hui, j’ai poussé le bouchon de l’indulgence un peu trop loin, type traversée de l’Atlantique à rames « papa, c’est encore loin l’Amérique ? ». Loin quoi. Le bouchon, il a beau flotter, on n’est pas près de le voir revenir sur les côtes bretonnes. Loin je vous dis. En plus le premier jour du carême, le mercredi des cendres, je suis en dessous de tout ! La lie de la terre, la déjection de punaise, la raclure de bidet, c’est encore trop beau pour moi… Je traine ma misère dans le bureau, les yeux au sol, n’osant même pas croiser le regard de mes collègues pour ne pas dévoiler mon infamie. Bref, telle que vous me voyez, je suis légèrement abattue.

La cause ? Un déjeuner à l’Hôtel avec mon super copain. J’étais partie pour une salade de saison et un bar de ligne, en terminant sur une verveine et puis j’ai vu la carte. Et j’ai craqué… Œuf bio aux truffes sur lit de purée de lentilles, bœuf de Patagonie en sauce, assiette de fromage au pain aux noix, dôme de trois chocolats, le tout arrosé de Champagne et de Nuit St Georges. Dans un souci d’absolue transparence je me dois de révéler qu’en partant nous avons aussi pris un (petit) verre de Calvados 1989 (pour digérer). En plus, et oui je suis de plus en plus mortifiée, en rentrant, et par un concours de circonstance totalement fortuit, je me suis trouvée en face du Ladurée de la rue Bonaparte que je ne connaissais pas. Vous comprenez bien qu’en bonne scientifique il n’est même pas envisageable de ne pas dûment étudier les mérites comparés des macarons caramel beurre salé de Bonaparte par rapport à ceux de la rue Royale (parfaitement fondants mais un peu trop sucrés), des Champs (juste parfaits mais la queue de japonais, c’est juste pas possible, à quand un Ladurée réservé aux vrais parisiens) ou même du Duty Free de Roissy (un peu secs). Pour effectuer une comparaison experte, il m’a bien sûr fallu prendre une boite de 24, c’est bien le minimum pour être sûre de capter toutes les subtilités locales.

Vous me voyez donc, là, devant mon PC et ma boite de macarons dans un état contradictoire de douce quiétude digestive post orgie gastronomique et de culpabilisation intense inversement proportionnelle à mon niveau d’ébriété. Ca va donc sérieusement se dégrader d’ici ce soir.

Soyons lucides, c’est au moins 2kgs dans la vue. Le gommage au gant de kessa n’effleurera même pas la surface du problème. Quand au peignoir, je pense que je n’arriverai même plus à trouver les poches pour y plonger mes mains quelque peu bouffies afin de tenter subrepticement de couvrir mon estomac rebondi. Déjà que je ne vois plus mes pieds… Mais bon, la honte ce n’est pas constructif. Il faut voir ca comme un nouveau challenge : en combien de jours vais-je faire disparaitre les 10,000 calories + absorbées dans les 4 dernières heures ? Je mets la barre haut, je pense qu’avec 4 jours de jus de pomme et 45 mns de cardio par jour ca devrait le faire d’ici lundi – ou je tomberai raide d’une crise cardiaque. Dans un cas comme dans l’autre, le problème de poids sera résolu…

Isa – Carême

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Aujourd’hui Mercredi des Cendres, le début du Carême, un temps tout désigné pour Prier, Jeûner, Partager. En voilà un beau programme et jeûner, forcément, ça peut faire avancer le régime…

Tous les jours, nous vivons dans un stress intense au travail et souvent également à la maison or, plus le stress grandit, plus nous générons de cortisol qui augmente notre envie de produits sucrés : jeûner peut fonctionner si nous baissons notre niveau de stress, en méditant ou en priant, par exemple. Bref, en suivant quelques préceptes simples et de bon sens, nous devrions aller de l’avant dans plusieurs domaines essentiels de nos vies.

Voici un extrait du message du Pape François à l’occasion du Carême 2015 :

“Pour dépasser l’indifférence et nos prétentions de toute-puissance, je voudrais demander à tous de vivre ce temps de Carême comme un parcours de formation du coeur… Avoir un coeur miséricordieux ne veut pas dire avoir un coeur faible. Celui qui veut être miséricordieux a besoin d’un coeur fort, solide, fermé au tentateur, mais ouvert à Dieu. Un coeur qui se laisse pénétrer par l’Esprit et porter sur les voies de l’amour qui conduisent à nos frères et à nos soeurs. Au fond, un coeur pauvre, qui connaisse en fait ses propres pauvretés et qui se dépense pour l’autre.”

Carême